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LA FIANCÉE TRAGIQUE

Le Petit Journal illustré, 25 mars 1923.

À Lindau, sur les bords du lac de Constance, un mariage devait avoir lieu. Les fiancés et leurs familles se trouvaient réunis dans l’église. Mais, quand le prêtre posa la traditionnelle question à la jeune fille, celle-ci répondit : « Non ! J’aime mieux mourir ! » Puis, sortant un revolver de son corsage, elle se suicida.

UN BEAU MARIAGE

Le Rire, 16 mars 1907.

J’avais lu l’annonce suivante : « Jeune Écossaise, immaculée, très riche, assurerait à son mari 300 livres chaque mois. Tous renseignements seront donnés à messieurs de physique agréable justifiant honorabilité. Agences s’abstenir, écrire Miss Maud East, 22 Gaz-Street, Edinburgh. »
Impécunieux, je tiquai sur l’annonce, 300 livres ! Autant dire 7 500 francs ! J’entrai sur-le-champ en correspondance.
Un banquier me fournit sur la fortune de Miss Maud d’alléchants renseignements. De son côté, la jeune Écossaise me demanda des références. J’étais bien tranquille, me sachant beau garçon, distingué, charmeur, philosophe, physicien, rimeur, bretteur, musicien et voyageur aérien ; voire, ce qui ne gâte rien, parfait cycliste. Nous échangeâmes des photos. Maud ne m’avait envoyé que sa tête : plutôt moche. Mais il y avait la rente…
Une lettre m’apprit que j’étais agréé, attendu. Je saquai mes petites amies, empruntai les sommes nécessaires au voyage et me présentai, frétillant, chez la petite Maud de mon cœur.
Or, madame, quoi vis-je ?
Une créature énorme, bouffie, la plus grosse miss du monde (in the world). J’esquissai une moue. Maud me dit, engageante :
— Rappelez-vous ce que j’assure à mon mari…
Évidemment, il y avait la rente. J’acquiesçai donc, mais, prudent, lui fis signer ce petit papier : « Miss Maud East assure à son futur mari, et ce, durant toute la vie d’icelui, un minimum de 300 livres par mois, à toucher d’avance, le soir même du mariage. »
— Nous nous épouserons, ajoutai-je, à Paris, où me réclament des conseils d’administration.
Car je brûlais de faire une noce à tous crins avec ma pension mensuelle.
La cérémonie nuptiale se déroula très gentiment, au milieu d’une assistance d’abord ahurie, ensuite rigolante. Aussitôt à la maison, je dis aimablement à mon épaisse moitié:
— Chérie, mes 300 livres, je voudrais les toucher…
— All right, sourit-elle, my love ! Vous pouvez.
— Où ça, mon amour ?
Elle se bidonna :
— Partout sur moi, grosse bébête : les 300 livres, c’est mon poids.

[Henri Falk, Le Rire : journal humoristique, 5 avril 1913.]

JE ME FICHE BIEN DE VOTRE MME SAND…

— Je me fiche bien de votre Mme SAND . . EU qui empêche les femmes de raccommoder les pantalons et qui est cause que les dessous de pied sont décousus ! … Il faut rétablir le divorce ou supprimer cet auteur là !

[Honnoré Daumier, Moeurs conjugales N°6, Le Charivari du 30 juin 1839. CCØ Paris Musées / Musée Carnavalet – Histoire de Paris]